Dominique Meeùs
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Bibliographie générale du service d’études

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Citations

J. B. S. Haldane, 1946, La philosphie marxiste et les sciences, Éditions sociales, Paris, 248 pages, traduit par Émile Bottigelli de The Marxist Philosophy and the Sciences, 1938. v
pp.37–38:  À n’importe quelle étape du développement de la science, nous pouvons expliquer des contradictions qui embarrassaient nos ancêtres. Aujourd’hui, par exemple, au lieu de dire comme Platon qu’une table est à la fois dure et molle, nous pouvons vérifier par certaines mesures le degré de dureté du bois, sa résistance à la rupture, etc.
     Il y a un certain nombre de choses qui étaient paradoxales pour Platon et qui ne le sont plus pour nous. D’autre part, des contradictions nouvelles ont apparu de notre temps qui semblent nous embarrasser autant que les contradictions que nous trouvons futiles et qui embarrassaient Platon. Par exemple, les électrons semblent avoir en même temps des propriétés qui nous obligent à les considérer comme des particules, et d’autres propriétés qui ne s’expliquent que s’ils sont des systèmes ondulatoires. Dans deux mille ans d’ici, ces difficultés paraîtront certes très élémentaires, mais je pense que nos descendants rencontreront sans doute des contradictions inhérentes à la matière qu’ils trouveront très difficile de résoudre.  
 
Commentaire:  Pour lui, les contradictions, bien qu’il les dise à la fin parfois « inhérentes », seraient toujours réductibles. Elles ne seraient que la marque de l’insuffisance momentanée de nos connaissances. Devant une situation qui nous apparaît comme contradictoire, il vaut mieux admettre et prendre en compte la contradiction que d’adopter un point de vue unilatéral, mais il faut s’attendre à ce que la contradiction cesse d’en être une avec le progrès de la science. Ainsi la contradiction prend elle aussi, dialectiquement, un caractère historique.
     Je trouve remarquable sa sérénité devant ce qu’on a appelé le problème de l’ « interprétation de Copenhague » de la mécanique quantique. Pour beaucoup d’acteurs et de commentateurs de l’époque, cela appelait une révision déchirante de toutes nos conceptions philosophiques. Encore aujourd’hui, beaucoup de commentateurs glosent sur cette fameuse contradiction, sans réaliser qu’elle est devenue un faux problème dans une théorie des champs qui admet des créations et annihilations de particules. Haldane qui n’est pas physicien, parlant en 1938, est convaincu qu’on trouvera une explication non contradictoire à cette contradiction apparente.  
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Steven Weinberg, 1993, Dreams of a Final Theory: Search for the Ultimate Laws of Nature, Hutchinson Radius, Londres, ISBN: 0-09-177395-4 v
p.201:  John Wheeler is impressed by the fact that according to the standard Copenhagen interpretation of quantum mechanics, a physical system cannot be said to have any definite values for quantities like position or energy or momentum until these quantities are measured by some observer’s apparatus. For Wheeler, some sort of intelligent life is required in order to give meaning to quantum mechanics, Recently Wheeler has gone further and proposed that intelligent life not only must appear but must go on to pervade every part of the universe in order that every bit of information about the physical state of the universe should eventually be observed. Wheeler’s conclusions seem to me to provide a good example of the dangers of taking too seriously the doctrine of positivism, that science should concern itself only with things that can be observed. Other physicists including myself prefer another, realist, way of looking at quantum mechanics, in terms of a wave function that can describe laboratories and observers as well as atoms and molecules, governed by laws that do not materially depend on whether there are any observers or not.    
Commentaire:  Nouvel exemple des dangers de l’empirisme. Du positivisme à l’idéalisme, la pente est glissante et on n’est alors plus loin de la religion.  
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