Dominique Meeùs
Dernière modification le  
retour à la page principale

Bibliographie générale du service d’études

Sélectionner des métadonnées

Afficher 5 (Bibliographie: Bibliographie WIKINDX globale)

 

Citations

Mario Bunge, 2008, Le matérialisme scientifique, Matériologiques, Éditions Syllepse, Paris, 216 pages, ISBN:978-2-84950-14-50, traduit par Sam Ayache, Pierre Deleporte, Édouard Guinet & Juan Rodriguez Carvajal de Scientific Materialism, 1981. v
p.51:  La thèse D2, selon laquelle tout objet est une unité de contraires, est couramment considérée comme constituant la thèse essentielle de la dialectique. Mais, à nouveau, la phrase n’a guère de sens, à moins que l’on ne précise le terme de « contraire ». Et, comme nous l’avons vu dans les deux dernières sections, ce n’est pas facile, et en tous cas cela n’a pas été réalisé par les philosophes dialecticiens.
     Je soumets l’idée que D2 a un sens si le contraire, ou la contradiction ontique, est conçue comme une relation entre propriétés, à savoir la relation d’action contraire ou de neutralisation […]. […] Par exemple, dans un pays surpeuplé, l’augmentation de la population et le bien-être de cette population sont réciproquement contraires parce que la première propriété fait échouer les tentatives de maintien et d’élévation du niveau de vie.
     Si le mot « contraire » est pris dans ce sens, alors on peut affirmer qu’il existe des systèmes dominés par des contradictions internes. Mais ceci est bien loin de l'affirmation selon laquelle tous les systèmes sont contradictoires. Par exemple, selon la physique contemporaine, les électrons et les photons n’ont pas de contradictions internes. Ce qui est tout aussi bien, parce que si toute chose était composée de parties réciproquement contradictoires alors chacune de ces parties serait composée de manière similaire et l’on serait face à une régression infinie.
     Maintenant, si tout ce qu’on peut dire est que certaines choses (ou certaines de leurs parties) sont contraires à d’autres sous certains aspects […], alors tout ce que nous pouvons conclure est que certains systèmes ont des composants ou des traits qui s’opposent l’un à l’autre sous certains aspects. C’est-à-dire que nous obtenons la thèse suivante d’une moindre portée :
     D2a. Certains systèmes ont des composants qui sont contraires les uns aux autres sous certains aspects.  
 
Commentaire:  « Certains… certains… » est autant une loi générale que celle qui dit qu’il y a des jours où il pleut et des jours où il ne pleut pas.  
Ajoutée par : admin
 
J. B. S. Haldane, 1946, La philosphie marxiste et les sciences, Éditions sociales, Paris, 248 pages, traduit par Émile Bottigelli de The Marxist Philosophy and the Sciences, 1938. v
pp.37–38:  À n’importe quelle étape du développement de la science, nous pouvons expliquer des contradictions qui embarrassaient nos ancêtres. Aujourd’hui, par exemple, au lieu de dire comme Platon qu’une table est à la fois dure et molle, nous pouvons vérifier par certaines mesures le degré de dureté du bois, sa résistance à la rupture, etc.
     Il y a un certain nombre de choses qui étaient paradoxales pour Platon et qui ne le sont plus pour nous. D’autre part, des contradictions nouvelles ont apparu de notre temps qui semblent nous embarrasser autant que les contradictions que nous trouvons futiles et qui embarrassaient Platon. Par exemple, les électrons semblent avoir en même temps des propriétés qui nous obligent à les considérer comme des particules, et d’autres propriétés qui ne s’expliquent que s’ils sont des systèmes ondulatoires. Dans deux mille ans d’ici, ces difficultés paraîtront certes très élémentaires, mais je pense que nos descendants rencontreront sans doute des contradictions inhérentes à la matière qu’ils trouveront très difficile de résoudre.  
 
Commentaire:  Pour lui, les contradictions, bien qu’il les dise à la fin parfois « inhérentes », seraient toujours réductibles. Elles ne seraient que la marque de l’insuffisance momentanée de nos connaissances. Devant une situation qui nous apparaît comme contradictoire, il vaut mieux admettre et prendre en compte la contradiction que d’adopter un point de vue unilatéral, mais il faut s’attendre à ce que la contradiction cesse d’en être une avec le progrès de la science. Ainsi la contradiction prend elle aussi, dialectiquement, un caractère historique.
     Je trouve remarquable sa sérénité devant ce qu’on a appelé le problème de l’ « interprétation de Copenhague » de la mécanique quantique. Pour beaucoup d’acteurs et de commentateurs de l’époque, cela appelait une révision déchirante de toutes nos conceptions philosophiques. Encore aujourd’hui, beaucoup de commentateurs glosent sur cette fameuse contradiction, sans réaliser qu’elle est devenue un faux problème dans une théorie des champs qui admet des créations et annihilations de particules. Haldane qui n’est pas physicien, parlant en 1938, est convaincu qu’on trouvera une explication non contradictoire à cette contradiction apparente.  
Ajoutée par : admin
 
Steven Weinberg, 1993, Dreams of a Final Theory: Search for the Ultimate Laws of Nature, Hutchinson Radius, Londres, ISBN: 0-09-177395-4 v
pp.141–142:  Positivism did harm in other ways that are less well known. There is a famous experiment performed in 1897 by J. J. Thomson, which is generally regarded as the discovery of the electron. […] It turned out that the amount of bending of these rays was consistent with the hypothesis that they are made up of particles that carry a definite quantity of electric charge and a definite quantity of mass. […] For this, Thomson regarded himself, and has become universally regarded by historians, as the discoverer of a new form of matter, a particle […] : the electron.
     Yet the same experiment was done in Berlin at just about the same time by Walter Kaufmann. The main difference between Kaufmann’s experiment and Thomson’s was that Kaufmann’s was better. […] Thomson was working in an English tradition going back to Newton, Dalton, and Prout — a tradition of speculation about atoms and their constituents. But Kaufmann was a positivist ; he did not believe that it was the business of physicists to speculate about things that they could not observe. So Kaufmann did not report that he had discovered a new kind of particle, but only that whatever it is that is flowing in a cathode ray, it carries a certain ratio of electric charge to mass.
     The moral of this story is not merely that positivism was bad for Kaufmann’s career. Thomson, guided by his belief that he had discovered a fundamental particle, went on and did other experiments to explore its properties. He found evidence of particles with the same ratio of mass to charge emitted in radioactivity and from heated metals, and he carried out an early measurement of the electric charge of the electron. This measurement, together with his earlier measurement of the ratio of charge to mass, provided a value for the mass of the electron. It is the sum of all these experiments that really validates Thomson’s claim to be the discoverer of the electron, but he would probably never have done them if he had not been willing to take seriously the idea of a particle that at that time could not be directly observed.  
 
wikindx  v3.8.2 ©2007     |     Total Resources:  668     |     Database queries:  18     |     Script execution:  0.20085 secs

Retour en haut de la page